FR : Parcours audio-guidé « Le cœur historique de Troyes »

Cultureel in Troyes
4.4 km
Te voet
2h 30min
Makkelijk
  • Cette balade audio-guidée vous permet de découvrir par vous-même tous les lieux importants de la ville de Troyes, tout en bénéficiant des explications de votre guide touristique numérique.
  • Hoogteverschil
    34.9 m
  • Documentatie
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Bezienswaardigheid
1 Bienvenue à Troyes
Nous sommes heureux de vous accueillir à Troyes en Champagne. Vous allez partir à la découverte d’une cité aux richesses insoupçonnées. N’hésitez pas à flâner au fil des ruelles pavées, et à lever les yeux le long des façades. Des merveilles vous y attendent ! Excellente promenade ! Si vous ne le saviez pas encore, Troyes a la forme d’un bouchon. Et plus précisément d’un bouchon de champagne ! Amusant, non ? L’Aube est, avec la Marne, le plus important département producteur de ce merveilleux vin effervescent. D’ailleurs, la ville pétille à l’image de ce fameux breuvage. Alors, pas à pas, laissez-vous griser par les beautés qui jalonnent la capitale historique de la Champagne. Cette balade vous emmène à l’intérieur d’une cité qui a su conserver et remettre en valeur des pans entiers de son fabuleux passé. Ne manquent, hélas, que les remparts qui ceinturaient la ville, depuis longtemps remplacés par des jardins et mails arborés. Car ce sont eux qui, vu du ciel — voyez d’ailleurs le plan et les cartes postales — donnent à Troyes cette singulière forme de bouchon. La première ville occupait un périmètre plus restreint. Les Tricasses, qui étaient une peuplade de la Gaule chevelue, avaient choisi de s’établir ici dans un des méandres protecteurs de la Seine. A l’époque gallo-romaine, en hommage à l’empereur Auguste, leur ville s’appellera Augustobona. Elle deviendra Troyes, retrouvant ainsi ses racines tricasses…
2 L'Hôtel de ville
Ne vous fiez pas à la devise révolutionnaire figurant sur la façade de style Louis XIII de l’hôtel de ville : « Liberté, Égalité, Fraternité ou… la mort. » Non, non… Les Troyens, rassurez-vous, sont gens pacifiques et accueillants. A l’intérieur de la mairie, en haut de l’escalier d’honneur, se trouve la somptueuse salle du Conseil. Un magnifique médaillon à l’effigie de Louis XIV trône toujours au-dessus d’une grande cheminée. Puis ressortez. Dehors, sur la place animée, vous entendrez battre le cœur de la ville… Oyez, Oyez ! Durant l’été, le festival Ville en Musiques égrène ses notes aux quatre coins de la cité, au fil de douces soirées. Oyez, Oyez ! À l’Automne, c’est le festival des Nuits de Champagne qui attire la grande foule avec ses têtes d’affiche et ses jeunes talents. Cette manifestation, dédiée à la voix et à la chanson française, accueille 900 choristes arrivant de toute la France. Oyez, Oyez ! Tout au long de l’année, les théâtres et musées proposent des spectacles et des expositions de premier plan. Quant aux Nuits du Patrimoine et aux 48 heures d’automobiles anciennes, ces manifestations prestigieuses se succèdent tous les deux ans ! Autant d’occasions de revenir à Troyes, pour y flâner et partager ces moments de plaisir. Un certain art de vivre en somme…
3 La place Saint Rémy et le Marché
Après les nourritures spirituelles, savourons les nourritures terrestres ! Les Halles de style « Baltard » qui abritent le grand marché ont été érigées en 1874 à l’emplacement d’un collège fondé par François Pithou en 1562. Elles ont été rénovées un bon siècle plus tard et gardent intacte leur fraîcheur. Faites un petit tour à l’intérieur pour déguster les meilleurs produits régionaux, dont… la fameuse andouillette! On l’apprécie juste grillée, ou bien mitonnée en cocotte, et arrosée d’une sauce au coteau champenois. Parmi ses inconditionnels, figurent les membres de l’Association - Amicale - d’Amateurs - d’Andouillettes - Authentiques… Dites AAAAA !!! Ils lui décernent un véritable label de qualité. Le chaource, hmmm….. onctueux fromage au lait de vache, bénéficie de l’Appellation d’Origine Contrôlée. Tout comme le divin champagne, et l’inimitable rosé des Riceys. Goûtez aussi le cidre du pays d’Othe, la choucroute de Brienne-le-Château et les autres savoureux produits fermiers dont regorge ce département. Certains jours, le marché s’étend jusque sur le parvis de Saint-Rémy, église trapue des XIV° et XVI° siècles, qui se distingue de ses consœurs troyennes par un petit air rural et par une flèche vrillée et bien aiguisée.
4 La forme du bouchon de Champagne
A Troyes, on parle souvent du Bouchon de Champagne. Pas seulement parce que nous sommes au cœur d’une région qui produit un excellent vin à bulles – parmi les plus connus et les plus appréciés dans le monde. Non ! on parle simplement de la forme de la ville. Vue du ciel, sa silhouette fait effectivement penser au très caractéristique bouchon de champagne. En fait, ces contours sont dus aux méandres de la Seine, et aux empreintes laissées par nos remparts quand on les a rasés. A la place, les urbanistes de l’époque ont tracé de grands boulevards arborés, et de grands jardins sur les fossés rebouchés. Ne soyez pas étonnés non plus si l’on vous parle du corps et de la tête du Bouchon de Champagne. Le corps, pour résumer, c’est la partie qui renferme la ville au bâti renaissance autour de l’Hôtel de Ville. La tête, où vous êtes, est le berceau antique de la cité et le siège du pouvoir religieux, avec la cathédrale pour emblème majeur. Entre les deux, juste entre la Préfecture et l’hôtel Dieu-le-Comte, le canal de la Haute Seine crée un agréable trait d’union.
5 Le coeur Quai Dampierre
Troyes la Romantique se dévoile à travers les lieux poétiques et sensibles qui font son charme, mais aussi à travers les personnages, faits et événements qui ont concourru à sa renommée. Troyes disposait jusqu’à présent d’un « corps » et d’une « tête », ceux du Bouchon de Champagne. La cité est désormais pourvue d’un Cœur. Œuvre d’artistes locaux Michèle et Thierry Kayo-Houel, la sculpture trône au milieu des quais rénovés de l’ancien canal. Cette voie d’eau désaffectée forme la ligne de partage entre la tête et le corps du Bouchon et palpite de lumière la nuit venue. Cet endroit est donc bel et bien le cœur de la ville, au propre comme au figuré. A Troyes, l’amour est courtois. Troyes est la patrie de Chretien de Troyes, père du roman moderne et chantre de l’amour courtois. Aux valeurs viriles de ces preux chevaliers de la Table Ronde, le poète adjoint une autre vertu : la propension à s’enflammer pour une belle. « Qui aux dames ne porte honneur, c’est qu’il n’a point d’honneur au cœur », enseigne la mère de Perceval à son fils encore mal dégrossi, qui apprendra la tendresse dans les bras de la douce Blanchefleur. Et si la quête du Saint Graal par Perceval, c’était cela ? La recherche de l’amour d’une femme… De même, Thibault IV le Chansonnier, dernier Comte de la Champagne indépendante, installé en son fief troyen et fier guerrier, mais aussi fin lettré, le poète chevalier a laissé plusieurs chansons qui exaltent le sentiment amoureux. « Dame, quand je fus devant vous et que je vous vis pour la première fois, mon cœur tressaillit tant qu’il vous resta à mon départ » (extrait du poème « Je suis comme la licorne »). La Cour d’amour se réunit à Troyes. L’expression « faire la cour » vient-elle de là ? Quelques villes seulement en France eurent le privilège d’être le théâtre de ces cours d’amour où l’on tranchait les questions d’ordre sentimental. Troyes fut de ces villes. Dans ses tribunaux que préside une grande Dame du Royaume, on arbitre des querelles entre époux, on débat de points de morale. Un seul code en vigueur : celui de l’amour courtois, auquel tout individu de bon aloi doit se conformer pour régler sa conduite. L’on y édicte des principes tels que celui-ci : « Une amante ne doit jamais abandonner son amant pour cause d’absence prolongée ». Qui va à la guerre, ne perd pas sa place ! Troyes et l’Aube, terres de romantisme depuis des siècles. Il fut un temps où les Rois et les Reines élisaient Troyes pour se marier : Louis X le Hutin ou Henry V d’Angleterre, par exemple. Un temps où l’on rédigeait à Troyes le Traité de l’Amour, André de Chapelin, codifiant l’amour courtois en 13 préceptes. Plusieurs couples célèbres, réels ou imaginaires, ont aussi vécu leur amour dans le département de l’Aube : Héloïse et Abélard, Frédéric Moreau et Madame Arnoux, « L’Education sentimentale » de Flaubert, Pauline de Beaumont, l’écrivain François-René de Chateaubriand… Comment, sous cette fabuleuse tutelle, ne pas décréter Troyes et l’Aube « capitale de l’amour romantique » ? N’hésitez pas à déposer votre cadenas sur la Passerelle Héloïse, ou sur l’arbre d’amour, place du Préau, non loin de la sculpture Lili et de ses roses d’amour, Lili, œuvre du Hongrois Andras Lapis. Vous pouvez aussi faire un petit détour auprès de la Jeune fille qui donne un baiser, à l’angle du Quai Dampierre et de la rue Georges Clémenceau. Cette sculpture d’1m60 a été réalisée par le Hollandais Sjer Jacobs.
6 L'Hôtel-Dieu-le-Comte
Commençons par l'histoire de l'Hôtel-Dieu le Comte. C'est un ancien hôpital fondé au XII° siècle par Henri 1er le Libéral, comte de Champagne, homme aussi puissant que généreux. Les bâtiments actuels, en forme de U, ont été construits au XVIII° siècle. Reconvertis en hospice, ils ont été désaffectés en 1988. Aujourd’hui rénovés, ils abritent un centre universitaire. L’hôtel-Dieu revit avec sa jeunesse étudiante ! Côté quai des Comtes de Champagne, l’un des pavillons de l’Hôtel-Dieu-le-Comte est le siège du Musée de la Pharmacie. Vous repérerez l’endroit facilement, juste en levant la tête : sur la façade se trouve un imposant cadran solaire. Unique en son genre, cette apothicairerie renferme un laboratoire et une pharmacie où est exposée une étonnante collection de boîtes médicinales en bois peint du XVIII° siècle qu’on appelle « silènes ». A l’intérieur de celles-ci : sauge, tilleul ou camomille… Mais aussi racine de mandragore, sang-dragon, poudre de crâne humain, de momie ou de pierres précieuses… Cela vous tente ? Vous y découvrirez aussi des centaines de belles faïences, verreries, étains, majoliques, albarelli, piluliers, chevrettes. Un paradis pour amateurs ou connaisseurs. Le long de la rue de la Cité, jetez un coup d’œil, surtout sur la cour d’honneur de l’Hôtel-Dieu. Elle est protégée par une grille monumentale en fer forgé, réalisée en 1760. On la doit à Pierre Delphin, serrurier du roi Louis XV. Son fronton porte un écusson aux armes de France.
7 La rue de la Cité (ex voie d'Agrippa)
Remontons un peu dans le temps… En 451, Attila, le « fléau de Dieu », et les Huns décident de s’arrêter à l’entrée de la ville et ainsi de l’épargner des pillages et massacres dont ils étaient pourtant coutumiers. Pourquoi ? Mystère ! La rue de la Cité aurait-elle été trop étroite pour les hordes barbares ? Sans doute pas, car cette voie –qui s’appelait alors Agrippa, construite par les Romains en 22 et 21 avant Jésus Christ, était un axe de communication très important, qui reliait Milan en Italie à Boulogne-sur-Mer au nord de la France. Pas plus que les autres villes, notre cité gauloise des Tricasses, devenue la gallo-romaine Augustobona Tricassium n’était à l’abri des invasions. Il y eut donc une sorte de miracle et l’on raconte que l’évêque Saint Loup en personne, s’est avancé au-devant des barbares, et a su trouver les mots justes pour convaincre Attila de ne pas franchir le pont menant à la rue de la Cité. La légende rapporte qu’il fut sur-le-champ emmené comme otage jusqu’aux rives du Rhin. Mais tout finit bien… et l’heureux homme fut ensuite miraculeusement libéré et put rejoindre sain et sauf la ville.
8 Les anciens quartiers juifs
Un grand personnage historique, Rachi (né en 1040 et mort en 1105), vécut à Troyes. Le nom de cet érudit, exégète de la Bible et commentateur du Talmud résonne dans le monde entier, associé à la ville qui l’a vu naître, grandir et étudier. Il faut savoir qu’aux XI°, XII°, XIII° siècles, la communauté juive de Troyes bénéficiait d’une protection toute particulière accordée par les Comtes de Champagne. Les familles juives, dont celles de Rachi, habitaient le quartier Saint-Frobert, secteur couvrant les rues Hennequin, Saint-Frobert, du Paon, des Cordeliers, Audiffred et Boucherat. Vigneron à ses heures, Rachi cultivait des vignes à l’emplacement de l’actuelle rue Hennequin, (dit-on…) et il habitait rue du Paon, mais sans que l’on sache exactement dans quelle maison. A deux pas, l’église Saint-Frobert, construite sur l’emplacement de l’ancienne synagogue, fut détruite par un incendie en 1830. Le bâtiment qui subsiste n’est plus dévoué au culte. Après avoir été un garage automobile, l’ancienne église est désormais un lieu d’habitation. A l’angle des rues de la Cité et du quai des Comtes de Champagne, une porte, aujourd’hui disparue, marquait autrefois l’entrée du quartier juif de Troyes. Ne manquez pas lorsque vous serez dans le corps du bouchon de vous rendre rue Brunneval pour découvrir la synagogue (en fonction des horaires d’ouverture) et la valorisation de l’œuvre de Rachi.
9 La rue Hennequin et le couvent des Cordeliers
Nous sommes devant la maison d’arrêt de Troyes. Depuis 1792 l’ancien couvent des Cordeliers a laissé place à une prison. Voilà un bâtiment que l’on évite généralement de « visiter ». Et pourtant, derrière ces murs gris aujourd’hui infranchissables beaucoup de pages de l’histoire de Troyes ont été écrites… De sa construction en 1263 jusqu’à la Révolution, ce couvent a été un des hauts lieux de la vie spirituelle mais aussi littéraire et artistique troyenne. Et même de la vie municipale. Quel rapport avec la mairie ? Tout simplement, avant la mise en chantier de l’Hôtel de ville au XVII° siècle, des réunions municipales se tenaient au réfectoire du couvent. Edmond Boucherat, le premier maire troyen, y fut d’ailleurs élu en 1493. Plus tard, c’est ici même que la première bibliothèque de Troyes, l’une des plus anciennes de France, a été créée en 1651, grâce à Jacques Hennequin, dont la rue porte le nom. A l’époque, on venait de fort loin pour consulter les 4 680 livres de cette bibliothèque, dont beaucoup de précieux manuscrits sont conservés désormais à la Médiathèque de Troyes Champagne Métropole.
10 Le Musée St-Loup et Chrestien de Troyes
Vous voulez voir un trésor ? Direction le Musée Saint-Loup. Parmi les milliers de richesses qu’il recèle, on y trouve le « trésor de Pouan-les-Vallées ». Ce sont les armes et les bijoux découverts dans la tombe d’un grand chef barbare du V° siècle. Souvent, la qualité de ce trésor est comparée à celle de la tombe de Childéric Ier. C’est dire ! Ce musée est très ancien, puisqu’il a été installé en 1831 sur le site de l’abbaye Saint-Loup. Et dans la cour intérieure, c’est amusant, on peut y voir un dolmen, un menhir et un polissoir. Au fil du temps, ses collections se sont étoffées, avec une importante section d’archéologie régionale, une présentation de sculptures troyennes du XIII° au XVII° siècle, un muséum d’histoire naturelle (très apprécié des enfants), et une très large collection de peintures du XIV° au XVIII° siècle, avec de grands noms comme Watteau, Natoire, David, Mignard, Rubens, Belotto, Fragonard… Comment de telles œuvres ont-elles pu être réunies ici ? Tout simplement parce qu’une bonne partie des tableaux provient des « confiscations révolutionnaires » qui ont suivi 1789. Qui ne connaît les aventures du roi Arthur et des chevaliers de la Table ronde, de Merlin l’Enchanteur, de Lancelot ou de Perceval ? Qui n’a entendu parler de la légende du Graal ? Tous ces mythes et ces personnages ont été créés ou idéalisés au XII° siècle par Chrétien de Troyes, le plus important écrivain du Moyen Age, qui est d’ailleurs considéré comme l’inventeur du roman moderne. En souvenir, la rue qui longe l’arrière du Musée Saint Loup, porte son nom. Et celle qui la prolonge, la rue du Chevalier au Lion, le nom de l’une de ses œuvres.
11 La Cathédrale St Pierre - St Paul
Avec ses 114 mètres de long, Saint-Pierre-et-Saint-Paul est l’une des plus grandes cathédrales de France. Elle a connu une histoire assez tourmentée. Songez que sa construction s’est étalée du tout début XIII° siècle jusqu’au XVII° siècle ! L’édifice est d’ailleurs resté inachevé, puisque l’une des deux tours, la tour Saint-Paul, n’a jamais vu le jour, faute d’argent. Le chevet, c'est-à-dire la partie arrière extérieure de l’édifice, est la partie la plus ancienne. La façade principale est la partie la plus récente. Même si elle n’a guère été épargnée par les intempéries — foudre et tornades —, par les incendies ou par la Révolution qui détruisit toutes les grandes statues des portails, notre cathédrale compte parmi les joyaux de l’art gothique. Mélange de gothique rayonnant et de gothique flamboyant elle a su garder une grande unité architecturale malgré, avouons-le, ses 5 siècles de chantier. La cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul possède 1 500m² de vitraux, un record de France qu’elle partage avec celle de Chartres ! Et ses 182 verrières offrent un panorama unique de l’histoire du vitrail du XIII° au XIX° siècle. On peut y admirer de belles collections de peintures — dont un panneau peint inspiré de La Cène de Léonard de Vinci —, de sculptures —qui témoignent de la créativité de l’Ecole Champenoise du XVI° siècle — et de mobilier liturgique, comme les grandes orgues du XVIII° siècle provenant de l’abbaye de Clairvaux, située dans notre département. Mais la cathédrale renferme aussi un admirable trésor, pillé à la Révolution, et reconstitué depuis, grâce à divers achats et aux fouilles archéologiques menées en particulier dans le Chœur. Il contient notamment une belle collection d’émaux du XII° et XVI° siècle, et la châsse de Saint Bernard où sont conservés les crânes de Bernard de Clairvaux et de Saint Malachie.
12 L'ancien Palais Épiscopal - Musée d'Art Moderne
Le côté droit de la Cathédrale, l’ancien palais des évêques, sert d’écrin au Musée d’Art Moderne de Troyes. L’existence du palais est attestée depuis le XII° siècle, comme en témoigne une fenêtre romane mise au jour lors de sa restauration. D’importants travaux d’embellissement sont entrepris à partir du XV° siècle, tandis que le XVII° siècle voit le rajout d’une aile. Avant de pénétrer dans la cour où se dresse un vénérable et majestueux tilleul rapporté en 1870 du Vatican, vous franchissez un portail surmonté d’un blason aux armes d’un évêque de Troyes. La cour est encadrée de bâtiments, que domine l’imposante silhouette de la Cathédrale. Au fond, se tenait la résidence de l’évêque. L’aile de droite se distingue par son damier champenois - une alternance de briques rouges et de craie blanche -, typique de l’architecture locale. Traversez le couloir d’entrée du musée, et vous accédez à un beau jardin à la française semé de sculptures modernes provenant du Centre Georges-Pompidou à Paris. Le Musée d’Art moderne de Troyes est « né » en 1982 entre les murs de l’ancien palais épiscopal. Riche de plus de 2 000 œuvres, il renferme l’une des plus belles et plus éclectiques collections de France, qui se partage entre peintures, dessins, sculptures, verreries, céramiques et objets d’art africain et océanien. Le fonds est issu d’une donation d’un grand industriel troyen du textile et amateur d’art éclairé, Pierre Lévy, et de son épouse Denise. Pierre Lévy fut PDG de la firme internationale Devanlay-Recoing, qui fabrique entre autre les fameux vêtements LACOSTE… et dont il reste encore à Troyes des unités de fabrication. Les tableaux exposés sont un extraordinaire reflet des grandes tendances picturales des années 1850 aux années 1950, période féconde en recherches et en explorations en tout genre : réalisme, néo-impressionnisme, pointillisme, nabis, fauvisme, post-cubisme, école de Paris, abstraction, misérabilisme. Tous les grands noms se côtoient ici : les Daumier, Degas, Courbet, Gauguin, Derain, Braque, Vlaminck, Modigliani, Balthus, Buffet, Dufy, Van Dongen, et bien d’autres. Tous ceux qui ont visité ce musée en sont ressortis littéralement conquis et s’en font les ambassadeurs aux quatre coins de la planète…
13 Le Cellier St-Pierre et la prunelle de Troyes
A l’abri des regards, dans la pénombre des bâtiments des Etablissements Formont, juste en face de la Cathédrale, on distille une boisson inimitable, assez unique en son genre : la Prunelle de Troyes. Titrant 40 degrés, joliment ambrée, cette liqueur possède une intéressante complexité aromatique : des notes d’amandes et de colle blanche marquées au nez, un léger goût de vanille et d’épices en bouche… La Prunelle de Troyes est en fait une recette qui remonte à 1840, et elle a été sacrée Médaille d’or à l’Exposition universelle de Paris en 1900. Son secret de fabrication est jalousement gardé par la famille Formont qui tient le Cellier Saint Pierre de génération en génération. C’est là un des joyaux du patrimoine gastronomique régional, dont raffolent les fidèles, hommes et femmes sans distinction, et que découvrent avec enthousiasme les touristes de passage sur le parvis de la cathédrale. Voilà donc, avec les champagnes de l’Aube, un bon moyen de vous faire revenir dans la cité tricasse. En ressortant d’une petite dégustation, n’oubliez pas d’admirer, dans la cour, le cellier du chapitre, reconnaissable à son toit pentu. Au temps jadis, les chanoines (les religieux affectés à la Cathédrale) y entreposaient leur vin et leur blé. Sa charpente remonte au XIII° siècle et c’est l’une des plus anciennes de France, pour un édifice civil, selon les spécialistes.
14 La rue Linard Gontier
La rue Linard Gontier porte le nom d’un maître verrier troyen qui, aux XVI° et XVII° siècles, donna une impulsion nouvelle à cet art, omniprésent à Troyes. Cette rue fait partie des plus pittoresques et des plus caractéristiques de Troyes. Elle abrite en particulier deux hôtels de charme, deux exemples particulièrement réussis de la restauration du patrimoine hérité du “beau XVI° siècle troyen”, Parlons un peu technique ! Il faut savoir que Troyes possède l’une des plus grandes collections d’Europe de maisons à pans de bois, quelquefois à trois étages et à encorbellement. Bâties pour la plupart sous la Renaissance, leur structure se compose d’une charpente en chêne apparente reposant sur un socle en pierre ou en brique et remplie de torchis, un mortier composé d’argile et de paille. L’ensemble est recouvert d’un mélange de chaux et de pigments colorés pour teinter le bâtiment en rouge, en vert, en bleu, en jaune… un arc-en-ciel de couleurs pour le plus grand bonheur des yeux… et des photographes !
15 L'Hôtel du Petit Louvre
L’Hôtel du Petit Louvre doit son nom au célèbre palais du Louvre, à Paris, symbole du pouvoir royal. Ce magnifique ensemble, très représentatif de l’architecture troyenne à pans de bois, a été construit, ou reconstruit, par étapes, entre le XVI° et le XVIII° siècles. Les bâtiments de cette ancienne maison de chanoine sont disposés autour d’une cour carrée où l’on remarque un puits du XVI° siècle en fer forgé avec trois poulies. L’Hôtel du Petit Louvre a été habité par d’illustres personnages, parmi lesquels des évêques comme Henri de Poitiers, bailli, évêque et gouverneur, ou Odard Hennequin, évêque de Senlis puis de Troyes. Il a servi aussi de relais de poste entre 1793 et 1839, accueillant en particulier les diligences qui effectuaient le trajet Troyes-Paris en une trentaine d’heures. Sa rénovation en 1988-1989 a permis de reconstituer la tour semi-circulaire qui avait été édifiée au XIII° siècle à l’emplacement des remparts gallo-romains de la cité. On a su, au cours de ces travaux, marier intelligemment le bâti ancien à des éléments d’architecture modernes. Ciselés par les compagnons, les abouts de poutre peints ont été conservés, bien sûr. Ils nous font découvrir des personnages à l’allure parfois grotesque, mais pleins de charme, qui vous sourient.
16 La Place de la Libération - La Préfecture
Située au pied de la Préfecture et de l’Hôtel du Département, la place de la Libération est un lieu chargé d’histoire. Mais c’est aussi un lieu charnière à Troyes, puisqu’il se trouve à la jonction des deux parties de la ville, faisant le lien entre ce qu’on appelle ici communément « le corps et la tête du Bouchon de Champagne ». Nous allons voir pourquoi. Cette place a été construite à l’emplacement d’un ancien cimetière et d’une double église qui fut rasée à la fin du XVIII° siècle au profit d’une éphémère halle aux grains. Moultes fois rebaptisée, elle n’en a pas fini avec ses transformations successives, puisque le square au charme provincial que fréquentèrent les Troyens tout au long du siècle dernier a cédé la place à un parc urbain de conception résolument moderne. Le jardin recouvre un parking souterrain de forme hélicoïdale, c’est-à-dire en forme d’hélice, qui possède une particularité à découvrir : ses 7 niveaux sont décorés de 150m² de vitraux contemporains, comme un clin d’œil à la basilique Saint-Urbain toute proche !
17 L'art du vitrail à Troyes - La Cité du Vitrail
A Troyes, le vitrail est la mémoire du verre ! Notre ville est d’ailleurs surnommée par les spécialistes « ville sainte du vitrail ». C’est bien simple : on recense dans le département de l’Aube quelque 9000 m² de vitraux, la moitié de Champagne-Ardenne, région qui elle-même renferme la moitié du patrimoine national. Vous comprenez pourquoi toutes nos églises sont si riches ! Aux XV° et XVI° siècles, l’Ecole Champenoise de peinture sur verre a dominé la scène française. La première période de l’Ecole Champenoise est marquée par un dessin appuyé et des couleurs très vives. Un festival de polychromie de toute beauté ! Influencée par la Renaissance italienne, la seconde période délaisse la couleur pour la grisaille sur verre blanc. Le maître verrier Linard Gontier renouera ensuite avec la vivacité des coloris : c’est le chant du cygne de l’Ecole Champenoise. Le vitrail se lit comme une bande dessinée : de bas en haut, et de gauche à droite. A l’origine, il montre des scènes religieuses racontées sur plusieurs tableaux juxtaposés. Puis il introduit des scènes de la vie quotidienne, où les artisans occupent une place importante. Les riches commanditaires de ces baies s’y feront aussi parfois, et peu modestement, représenter. Découvrez l’univers fascinant du vitrail à la Cité du Vitrail, à l’angle du Quai Dampierre et de la rue Roger Salengro. Ce lieu d’exposition permanent, qui rassemble dix siècles de cet art du XII° au XXI° siècle, présente et renouvelle régulièrement vingt-cinq chefs d’œuvres civils et religieux. Sans oublier ses espaces interactifs avec ateliers, jeux et films.
18 La Seine à Troyes
Avant 1900, Troyes avait par endroits un petit air de Venise… Dès le XII° siècle, les Comtes de Champagne avaient créé la « dérivation de Troyes ». C’était un réseau hydraulique complexe et bien pensé qui divisait la Seine en deux parties. La « vieille Seine » contourne toujours la ville, tandis que la « Seine urbaine » se ramifie en d’innombrables canaux, rus, bondes ou fossés. Ces cours d’eau ont eu des vocations défensives, comme ceux qui couraient le long des remparts. Le boulevard Barbusse en est un exemple, même si tous les remparts ont aujourd’hui disparu. D’autres bras de Seine ont eu une vocation économique. Ils alimentaient moulins, papeteries, teintureries, et filatures, comme le canal de Nervaux, la rue Boucher-de-Perthes, ou le ru Cordé que l’on peut suivre du pont de la rue de la Tour, jusqu’au temple protestant. Bâti entre 1857 et 1859, il se trouve sur la rive droite du canal, tout au bout du quai des Comtes de Champagne. Aujourd’hui encore 120 km de cours d’eau sillonnent paisiblement l’agglomération troyenne. Plus de crainte à avoir, grâce à la création des barrages-réservoirs de la Seine (à quelque 20 km de Troyes en Forêt d’Orient… d’ailleurs une belle idée de promenade !) Ils ont fait disparaître le risque de grandes crues comme celle de 1910 qui a marqué les esprits. Avec l’urbanisation, plusieurs de ces cours d’eau ont disparu. Mais certains ressurgissent à l’occasion des nouveaux aménagements. C’est le cas avec la sortie de terre, derrière la Cathédrale, du campus universitaire, un site traversé autrefois par le canal de l’Isle, qui reprend du service.
19 La Place de la Libération
Située au pied de la préfecture et de l’hôtel du Département, la place de la Libération est un lieu chargé d’histoire. Mais c’est aussi un lieu charnière à Troyes, puisqu’elle se trouve à la jonction des deux parties de la ville, où elle fait le lien entre ce qu’on appelle ici communément « le corps et la tête du Bouchon de Champagne ». Nous allons voir pourquoi. Cette place a été construite à l’emplacement d’un ancien cimetière et d’une double église qui fut rasée à la fin du 18e siècle au profit d’une éphémère halle aux grains. Moultes fois rebaptisée, elle n’en a pas fini avec ses transformations successives, puisque le square au charme provincial que fréquentèrent les Troyens tout au long du siècle dernier a cédé la place à un parc urbain, de conception résolument moderne. Le jardin recouvre un parking souterrain de forme hélicoïdale, qui possède une particularité à découvrir : ses 7 niveaux sont décorés de 150 m2 de vitraux contemporains, comme un clin d’œil à la basilique Saint-Urbain toute proche.
20 La Basilique Saint Urbain
On vient du monde entier pour admirer Saint-Urbain, La basilique de Troyes. Ce joyau du gothique rayonnant, de la fin du XIII° siècle, est depuis longtemps gratifié des épithètes les plus élogieuses pour son architecture, comme pour ses verrières. En son temps, Viollet-le-Duc s’est mêlé à ce concert de louanges, affirmant : « L’église Saint-Urbain est certainement la dernière limite à laquelle la construction de pierre puisse atteindre, et, comme composition architectonique, c’est un chef-d’œuvre. » Saint-Urbain doit sa grâce au seul pape qu’ait donné Troyes à la chrétienté, Urbain IV. C’était en 1262… Jacques Pantaléon, fils d’un modeste savetier, devenait souverain pontife au terme d’un brillant parcours ecclésiastique. C’est lui qui initia la Fête-Dieu. Il décida alors de faire bâtir une collégiale à l’emplacement de l’échoppe familiale. Même si elle ne fut achevée qu’en 1905, la basilique Saint-Urbain a été ornée, dès la fin du XV° siècle d’une riche statuaire. Les artistes affluent et débordent de talent. C’est ce qu’on appelle le Beau XVI° siècle troyen ! L’Ecole Champenoise nous a livré ici une des rares représentations de Saint-Bernard de Clairvaux. Quant à la Vierge au Raisin, parmi une foule d’autres chefs-d’œuvre, elle symbolise la plénitude d’un art mis au service du sacré. La douceur de son sourire et la richesse de ses drapés illustrent le retour à la prospérité.
21 L'Eglise St Jean au marché
Que fait-on à Troyes ? On y sonne !, C’est ce qu’affirme un vieux dicton. La ville compte de nombreux clochers. Mais ne vous tordez pas le cou pour tenter d’admirer celui de l’imposante église Saint-Jean-au-Marché, juste devant vous, dont le début de la construction remonte au XIII° siècle. Eh oui ! Son clocher s’est effondré sans crier gare dans une nuit de mai 1911. Badaboum ! Il est venu se coucher sur la maison d’en face qui abritait une pâtisserie. La restauration de cette église rivalisant presque, par ses dimensions, avec la Cathédrale de Troyes, est engagée. Peu à peu, Saint-Jean retrouve son éclat d’antan. Subsiste la tour horloge. Mais, il manquera toujours dans le ciel troyen cette fameuse flèche dont les cloches saluèrent à toutes volées les épousailles royales d’Henri V d’Angleterre et de Catherine de France, ici même en 1420. Un mariage à l’origine du fameux Traité de Troyes… ou encore le baptème de Marguerite Bourgeoys (fondatrice de la Congrégation de Notre-Dame de Montréal).
22 La Place du Marché au Pain
Cette place fut sans doute une des plus animées de la cité au Moyen-Âge. Elle doit son nom aux boulangers, qui venaient y débiter leur pain pour le vendre au détail. On la baptisa donc place du Marché-au-Pain. Elle s’était appelée auparavant place du Marché-aux-Herbes. On devine pourquoi. Mais, les marchands de poissons d’eau douce, s’y rassemblaient aussi pour haranguer le manant. L’élégant puits que vous découvrez ici est d’origine et se retrouve désormais à son emplacement depuis la dernière requalification de la place. Des puits comme celui-là, on en compta près de 80, répartis dans le Bouchon de Champagne. Ils disparurent, pour la plupart, au XIX° siècle avec l’invention des pompes et l’apparition des bornes-fontaines. Outre l’approvisionnement en eau pour les ménages et pour la construction, ces puits eurent une importance considérable dans la lutte contre les incendies. Terribles, à Troyes ! Quels fléaux les incendies ! Celui de 1524 reste encore dans tous les écrits : le feu, parti de l’échoppe d’un apothicaire de ce quartier, ravagea 1 500 maisons. Il raya de la carte un tiers de la ville… Pour des raisons esthétiques, les puits ont retrouvé leur place dans le cœur de Troyes. Ouvrez l’œil, vous en dénicherez d’autres, comme celui de la rue Emile-Zola.
23 Les Foires de Champagne au Moyen-Age
Troyes est à mi-chemin entre les Flandres et l’Italie. Au Moyen-Âge, c’est, un grand carrefour d’échanges européen, grâce aux foires de Champagne et de Brie. La foire chaude, en juin, et la foire froide, en octobre, prennent leur essor véritablement sous Thibaut II. Ah… Ce comte sait faire ses comptes ! Et pour attirer encore et toujours plus les marchands, synonymes de prospérité, il a la bonne idée d’assurer leur protection sur les routes et chemins menant à Troyes. Munis d’un sauf-conduit, ils affluent, ces méditerranéens aux sacs remplis d’épices et de soieries, ces Germaniques avec leurs cuirs et leurs fourrures, et ces Flamands avec leurs étoffes. Ces échanges commerciaux font naître alors des bureaux de change aux coins des rues d’une cité qui devient une place monétaire de toute 1ère importance. Le denier champenois est un peu l’euro avant l’heure et la livre Troy, qui servait à peser les pierres précieuses, s’utilise encore en Grande Bretagne. Cette rue de la Montée-des-Changes rappelle l’époque faste des changeurs et la prospérité économique de la ville, qui connaît en même temps un rayonnement politique, spirituel et culturel intenses. Les foires comtales atteignent leur apogée aux XII°e et XIII° siècles et finissent par décliner au XIV°siècle.
24 Les Templiers
Vous êtes rue Général-Saussier. En hommage à un grand serviteur de l’armée, qui termina sa carrière en qualité de gouverneur militaire de Paris. Avant d’être baptisée ainsi, en 1906, cette rue évoquait d’autres soldats : des moines soldats ! Vous savez ? Ces fameux chevaliers du Temple de Salomon à Jérusalem. Ceux qu’on a appelés, tout simplement, les Templiers. Leur l’histoire a été si mouvementée ! Cela nous projette au temps des croisades auxquelles participèrent de nombreux seigneurs de Troyes et des environs. A commencer par Hugues de Payns (du nom d’un village voisin). C’est lui le fondateur de l’Ordre du Temple. Les règles de cet ordre, à la fois religieux et militaire, furent rédigées en grande partie par Saint-Bernard de Clairvaux et approuvées lors du Concile de Troyes, en 1129. L’Hôtel du Commandeur, situé au numéro 3, fut construit bien après la disparition de l’ordre par le commandeur Bruslard de Sillery (en 1639). C’est un joli appareillage de brique et de pierre, à la toiture vernissée — et il évoque la richesse passée des Templiers, qui furent, dit-on, d’habiles banquiers… D’ailleurs, ce secteur porta longtemps le nom de quartier du Temple. En raison de leurs nombreuses possessions, on le qualifie aussi de “triangle d’or” !
25 La Maison de l'Outil -Musée des Compagnons
Les Compagnons du Devoir ne pouvaient choisir plus bel endroit pour faire miroiter leurs savoir-faire que l’hôtel de Mauroy ! Ne manquez surtout pas la visite de cet étonnant musée : la Maison de l’Outil et de la Pensée Ouvrière est un écrin dont les bijoux sont – eh oui - des limes, des marteaux, des truelles, des ciseaux, des varlopes… tous patinés par la main de l’homme. Un musée comme un hymne aux métiers manuels. Certains n’hésitent pas à affirmer qu’il est le « Louvre de l’ouvrier ». Outre ses dix mille objets anciens savamment mis en scène, il renferme aussi dans sa bibliothèque des montagnes de livres consacrés aux métiers et à ceux qui les ont façonnés. Cette prodigieuse collection a été amorcée par le père Paul Feller. C’est l’un des fondateurs de la Maison de l’Outil. Elle continue de s’enrichir… Joignez…l’utile… Non non… « l’outil » à l’agréable en admirant l’architecture de ce bâtiment tout imprégné d’histoire. Au XV° siècle on l’avait dénommé l’hôtel de l’Aigle. Riche Hôtel Particulier à la Renaissance, il devient l’hôpital de la Trinité. Mais il servit aussi de collège pour enfants pauvres, de première manufacture de bas au métier pour fabriquer les fameux bonnets de coton qui firent de Troyes la capitale de la Bonneterie, puis de bal public, de caserne, et même d’imprimerie. Quelles que soient ses affectations, l’hôtel de Mauroy a conservé tout son caractère. Il reste, certainement, le plus bel exemple de construction en « Appareillage champenois » : brique et craie imbriquées !
26 "La Belle aux bois dormants" - Rue Emile Zola
La rue Emile-Zola, - les anciens Troyens l’appellent encore « rue Milo »- est l’artère la plus commerçante et la plus animée de la ville. Au cœur du projet de réhabilitation urbaine, elle a été, comme par enchantement transformée, de pied en cape, pour offrir davantage d’espace aux chalands. La piétonisation gagne du terrain dans cette ville à vivre, si belle le jour, et si resplendissante la nuit. Ah ! comme il est agréable de flâner de part et d’autre de la chaussée, en admirant les façades du XVI° siècle qui ont retrouvé leur cachet. Celles des siècles suivants ne sont pas en reste : XVII° et XIX° siècles… Au numéro 107, les anciens grands magasins Jorry-Prieur, par exemple, à côté desquels vous vous trouvez, sont, eux, caractéristiques de l’architecture métallique et des prouesses techniques du XIX° siècle. Vous l’aurez compris, Troyes a décidé de redonner tout son éclat à son patrimoine renaissance, ainsi qu’au formidable héritage de l’ère industrielle.
27 L'Eglise St-Pantaléon
Vous avez déjà dû entendre parler d’églises-musées... Mais en avez-vous déjà vu ? Saint-Pantaléon, la plus baroque des églises troyennes, en est une. Elle est peuplée de saints et de martyrs figés dans la pierre. En tout, elle recèle une soixantaine de statues polychromes du XVI° siècle dont certaines sont attribuées à Dominique dit Le Florentin. Cet artiste natif de Florence, apprécié par François Ier, profita d’une interruption du chantier du château de Fontainebleau, où il travaillait, pour installer son atelier à Troyes. Bien lui en prit ! Son influence toute italienne et son aura furent si grandes sur l’Ecole Champenoise de Sculpture, qu’avec lui, l’art de la cour gagne Troyes. Et c’est ainsi que Troyes prit goût à la Renaissance… Ouvrez grand les yeux, admirez Saint-Jacques qui orne le premier pilier, à droite. Et puis tous les autres… ils ont tous été sauvés, comme par miracle, du sac de la Révolution de 1789… Les verrières en grisailles du XVI° siècle rivalisent de beauté et de légèreté avec la voûte en bois de cette nef aspirée par le ciel. C’est superbe !
28 L'Hôtel de Vauluisant
Diminutif de « Vallée luisante », Vauluisant est un quartier éblouissant d’authenticité, véritable dédale de ruelles et de courettes. Il doit son nom à cet élégant hôtel particulier : le Vauluisant. Qui a lui-même hérité ce nom de l’abbaye cistercienne située dans l’Yonne, département limotrophe de l’Aube : l’Abbaye de Vauluisant. Elle possédait une résidence à Troyes, ici même, consumée lors du grand feu de 1524. Le logis actuel date du XVI° siècle. Les deux tours en forme de flèche, qui encadrent le bâtiment principal, vous invitent à visiter un joli musée dédié à l’Art troyen au XVIème siècle. Empruntez les escaliers en colimaçon, et remontez le temps. Ces murs abritent encore le musée de la Bonneterie. L’histoire du textile dans cette ville, qui fut la capitale mondiale de la maille, vous est racontée à travers les premiers métiers. Les plus anciens datent du XVIII° siècle. Mais aussi à travers des produits fabriqués à Troyes : bas, chaussant, gants et bonnets… Eh oui ! Des bonnets de nuit qui donnèrent naissance à la bonneterie.
29 L'Hôtel de Chapelaines
Avant d’appartenir à l’époque à la famille Paillot de Montabert, qui a laissé son nom à une rue de Troyes, ce gracieux hôtel de pierre avait été édifié en 1536 par le teinturier Nicolas Largentier. Jadis appelé Hôtel de Clairvaux, il fut rebaptisé par son fils, baron de Chapelaines. Vous aimez les petites histoires de l’Histoire ? L’Hôtel de Chapelaines en détient quelques-unes. Dont celle-là… On rapporte que c’est dans cette fort belle maison de la rue Turenne, que se réunirent le 8 février 1814 les trois monarques coalisés : l’empereur François Ier d’Autriche, le roi de Prusse Frédéric-Guillaume III et le Tsar de Russie Alexandre Ier C’est ici, obstinés à faire tomber Napoléon Ier, qu’ils décidèrent de la suite de la Campagne de France et du sort de Napoléon, bientôt vaincu. Sans doute ravi de cette perspective et pour remercier l’hôtesse de son hospitalité, l’empereur d’Autriche, lui offrit en cadeau un magnifique diamant… Beaucoup d’autres hôtels particuliers valent le détour, par exemple : l’Hôtel des Angoiselles, rue Général-Saussier ; l’Hôtel Marisy, rue des Quinze-Vingts dont vous ne pouvez pas manquer l’oratoire ; mais aussi l’Hôtel du Moïse, rue Charbonnet…
30 Les maisons à pans de bois du XVIème siècle
Blotties les unes contre les autres, les maisons troyennes à encorbellement et aux toits en accents circonflexes semblent porter sur leurs épaules de bois le poids des années. Que dis-je, le poids des siècles ! La plupart de ces ensembles date de la fin XV°et du XVI° siècle. Comme dans ce quartier Viardin, l’un des plus typiques de la ville. Mais ces vieilles dames, certes d’apparence fragile, faites de pièces de chêne et de torchis - dont les flammes naguère ont été si gourmandes -, ont su résister à toutes les épreuves. Dont celle du temps. Débarrassées des mornes enduits dont on les avait affublées, elles renaissent une à une, dans toute leur splendeur, habillées de couleurs douces. Comme autrefois. Car les Compagnons charpentiers ont retrouvé les pigments d’antan et l’art du badigeon. Voilà pourquoi Troyes retrouve son atmosphère médiévale. Pour le bonheur de ses habitants comme pour ses visiteurs, invités à flâner dans des rues tapissées de pavés inégaux, c’est tout leur charme. Troyes, la ville aux mille couleurs ! Regardez le bas des gouttières : des dauphins crachent de l’eau. Levez la tête : sous les lucarnes, des poulies profitent d’un repos bien mérité. Attention ! Sur les bouts de poutre sculptés, d’étranges personnages vous observent et parfois vous rient au nez…
31 La place Jean Jaurès
L’un des plus importants hommes d’Etat qu’ait enfanté l’Aube est né dans une maison de cette place, au numéro 28. Un médaillon à l’effigie d’Edouard Herriot, rappelle le souvenir de ce brillant écrivain qui fit de la politique. A moins que ce ne soit l’inverse... Sur cette modeste plaque, vous pouvez lire que ce futur Président du Conseil vit le jour ici, le 5 juillet 1872. Mais un autre homme de lettres et politique, Victor Hugo n’aimait pas cette place triangulaire où l’on installa l’échafaud et qui fut depuis le XVème siècle le lieu des excécutions capitales. Il l’a fait savoir dans son célèbre roman, Claude Gueux. Eh oui, autre temps… La place s’apprête à revivre, à l’image d’autres quartiers de Troyes : celui de la gare et la place Saint-Nizier par exemple, revisités par de grands architectes urbanistes comme Jean-Michel Wilmotte. L’imposant bâtiment de forme rectangulaire et aux fenêtres en plein cintre qui barre le haut de la place et masque le chevet de l’église Saint-Nicolas, c’est la Bourse du Travail, depuis 1905. Auparavant, ce fut la halle de la bonneterie. Les fabricants venaient y vendre leur production textile dans soixante-cinq comptoirs. Autrement dit, les « magasins d’usine » avant l’heure !
32 La Ruelle des Chats
Voici la très pittoresque ruelle des Chats, avec ses bâtisses de guingois, ses bornes de pierre cabossées et son pavage d’origine usé, toute l’atmosphère du Moyen Age ! Savez vous qu’ici, à la nuit tombée, on voit encore parfois des chats qui sautent de toit en toit. Voilà pourquoi les félins ont donné leur nom à cette belle ruelle. Alors prenez le temps de dénicher sur un about de poutre, la frimousse sculptée d’un chat ! En garde ! Vous voici dans un décor pour film de cape et d’épée. On imagine sans peine un duel entre gentilhommes perruqués sous le porche menant à la cour du Mortier d’Or, suivi de cascades dans les galeries surplombant cette cour. Les abouts de poutre sont décorés de têtes de guerriers. Cela donne à penser que cet ensemble a appartenu naguère à un important militaire. Quel cachet ! Ne quittez pas l’endroit sans admirer les pilastres sculptés qui encadrent la porte ouvrant le passage sur la ruelle des Chats.
33 L'Eglise Ste Madeleine
Sainte-Madeleine, la plus ancienne des églises de Troyes, est certainement une des plus belles. Et des plus étonnantes aussi... L’édifice date du milieu XII° siècle, mais l’essentiel a été remanié au XVI° siècle. Franchissez son portail flamboyant et vous découvrirez un chef-d’œuvre comme vous n’en verrez guère ailleurs : le jubé de la Madeleine. Le jubé servait à séparer le chœur de la nef. C’est un petit bijou de pierre ciselé, trois arcs de pure dentelle, suspendus entre les deux gros piliers du chœur. Jean Guailde a signé ce chef d’oeuvre entre 1508 et 1517. A son décès, l’artiste troyen a obtenu de reposer en paix sous son œuvre. Pour l’éternité. Une épitaphe mentionne qu’il « attend la résurrection bienheureuse sans crainte d’être écrasé ». Regardez aussi le visage douloureux de Sainte-Marthe. Cette statue, caractéristique de l’Ecole Champenoise du XVI° siècle, attribuée au Maître de Chaource semble pleurer le sieur Jean Guailde et son immense talent. Et les vitraux ? Voyez comme ils éclatent de couleurs et de détails comme dans la Légende de Saint-Louis ou l’Arbre de Jessé. Mais surtout, ne manquez pas la scène de la Création du Monde ! Vous comprendrez mieux pourquoi Troyes a été sacrée « Ville sainte du Vitrail » !
34 Les rues Paillot de Montabert et Champeaux
La rue des bistrots et des petits restos est l’une des plus animées de la cité renaissance. On y bat le pavé jusque tard dans la nuit, entre amis. Avant, c’était la rue « coquine » de Troyes. Ne le répétez pas… Depuis 1971, le Centre Culturel de la ville de Troyes s’est abrité ici, derrière les fiers colombages de la Maison du Boulanger, construite au XVI° siècle. Lieu d’expositions et de rencontres littéraires, cette bâtisse fut remaniée aux XVII° et XVIII° siècles puis restaurée par la ville dans les années soixante. Jadis, les petits carreaux des fenêtres à guillotine des deux étages étaient garnis de papier huilé. Au Moyen Age, une enseigne indiquait le métier exercé dans cette maison : elle accueillait la boutique d’un boulanger. Quand on pense qu’on a failli ébouler ces pans de bois comme un château de cartes à l’époque du béton-roi. Mais heureusement les amoureux du patrimoine se sont dressés, il y a plus de trente ans, contre les auteurs d’un tel massacre à la pelleteuse. Le sursaut pour la préservation du patrimoine troyen date de ce combat. Vous êtes au cœur même du secteur sauvegardé de la ville. Le nom porté jadis par la rue Champeaux, tout au bout de la rue Paillot de Montabert, était « la Poulaillerie », car un marché de volailles était installé à proximité. Elle connut la ferveur populaire au temps des Foires de Champagne. Plus tard, elle fut désignée rue "Champeaux" pour évoquer les terrains qui, autrefois, étaient cultivés entre la ville et les différents bourgs situés à proximité des enceintes… Aujourd'hui, ses maisons à pans de bois se dressent fièrement et font le bonheur des aquarellistes et des photographes. Des centaines d’artistes ont posé leur chevalet aux abords de la Tourelle de l’Orfèvre, cette élégante maison qui surgit en pleine lumière et dans toute sa splendeur, au sortir de la pénombre de l’étroite rue Paillot-de-Montabert. Remarquez les deux cariatides [les statues de femmes] et l’atlante à la base du poteau d’angle sur lequel s’élève cette tourelle abritant un escalier à vis… Au numéro 26, l’Hôtel Juvénal des Ursins, reconnaissable à son oratoire à trois faces situé au centre d’une fort belle façade de pierre, est un mélange d’architecture gothique et renaissance. Il a appartenu à une prestigieuse famille troyenne de magistrats, les Jouvenel. Sur le mur de droite, une fresque à l’ancienne raconte leur saga. Sachez que Jean Jouvenel fut avocat du roi Charles VI et prévôt des marchands de Paris une fonction importante à la fin du XIV° siècle.
35 Les grands noms de Troyes
Il n’y a pas qu’Urbain IV qui soit célèbre... Au fil des siècles, de nombreux Troyens se sont illustrés en France, et même hors de l’Hexagone. Et les plus connus sont certainement : - Chrétien de Troyes, l’inventeur du roman de chevalerie. Qui n’a jamais entendu parler de Lancelot du Lac ? - ou de Rachi, à qui l’on doit des commentaires éclairés sur la Bible et le Talmud. - de Pierre et Nicolas Mignard, peintres et architectes de talent, appelés par le Roi Soleil pour le magnifier. - de François Girardon, sculpteur émérite à qui l’on doit, entre autres, le tombeau de Richelieu mais également les sculptures des bassins de Versailles… Pour la petite histoire, signalons encore Charles Baltet, pépiniériste de génie, créateur de nombreuses variétés de fruits dont une vigne pousse aujourd’hui encore au pied du… mont Fujiyama, au Japon. Et l’indémodable Emile Coué, pharmacien troyen devenu psychothérapeute et dont la méthode fait le tour du monde : vous savez ? La méthode Coué ? Ajoutons encore de grands sportifs, comme le champion de natation Lucien Zins, le footballeur Pierre Flamion ou le navigateur Luc Pilot. Sans oublier les cyclistes Marcel Bidot et, plus près de nous, les frères Simon qui ont vu la vie « en jaune »… Aujourd’hui, ils vous font rire, sur scène comme à la télé…Jean-Marie Bigard, Raphael Mezrahi, Tex… tous sont natifs de Troyes, et fiers de l’être ! Connaissez-vous des Troyennes célèbres ? Nous comptons entre autres… - Léonie Aviat, ou Sœur Léonie Françoise de Sales, fondatrice de la congrégation des Oblates de Saint-François de Sales. Béatifiée en 1992, elle fut ensuite canonisée par le Pape Jean-Paul II en 2001. - Notons également Claudie Pierlot, modéliste et styliste de génie dont les articles de prêt-à-porter sont aujourd’hui vendus à travers toute l’Europe ! - Et nous ne pouvons pas ne pas parler de Marguerite Bourgeoys, entrée dans les ordres religieux à l’âge de 18 ans et partie avec Chomedey de Maisonneuve fonder la ville de Montréal, appelée dans un premier temps « Ville-Marie » au XVII° siècle, et qui instaura la Congrégation de Notre Dame, première école pour jeunes filles. Elle fut canonisée Sainte en 1982 par le Pape Jean-Paul II. Mais arrêtons-nous là. Nous risquerions d’en oublier… Nous sommes sûrs que Troyes vous a surpris… et séduit ! Alors pourquoi ne pas prolonger votre visite et votre séjour ? Troyes Champagne Tourisme vous propose des idées originales, variées, pour tous les âges et à tous les prix. Et merci d’avoir été si attentif à nos explications ! Bonne journée, et à bientôt !
35 meters hoogteverschil
  • Starthoogte : 111 m
  • Aankomsthoogte : 111 m
  • Maximale hoogte : 118 m
  • Minimale hoogte : 106 m
  • Totaal positief hoogteverschil : 35 m
  • Totaal negatief hoogteverschil : -35 m
  • Maximaal positief hoogteverschil : 6 m
  • Maximaal negatief hoogteverschil : -5 m